Les ours bruns du Kamtchatka

Les ours bruns du Kamtchatka

Faune et flore

Le Kamtchatka abrite une population d’ours bruns d’environ 15 500-16 500 individus soit près de 15 % de tous les ours de Russie, ce qui en fait une des plus grandes concentrations mondiales.

Il est présent sur 95 % du territoire de la péninsule, le pourcentage restant correspond aux régions de hautes montagnes et zones marécageuses.

Pour une taille de près de 2,5 m, le poids moyen des mâles avoisine les 450 kg, mais certains, d’âge mûr, peuvent peser 600 kg, voir plus, ce qui en fait le plus grand carnassier terrestre du Kamtchatka. Si les femelles sont en général environ un tiers plus petites que leurs compagnons, ceci n’en fait pas une généralité : il en existe qui n’ont pas à complexer devant eux, on les appelle les matoukhis.

Sa corpulence n’enlève rien au fait que c’est un animal fort adroit, bon nageur, plongeur, grimpeur et coureur (il peut atteindre une vitesse de 60 km/h).

Empeinte de pas d'ours brun du Kamtchatka

Empeinte de pas d’ours brun du Kamtchatka

Ses pattes antérieures et griffes (jusqu’à 13 cm de longueur) lui servent aussi bien d’outils que d’armes très puissantes. Elles lui permettent de capturer des saumons, creuser des tanières, déterrer des racines, extraire de dessous des roches de petits mammifères, de retourner des arbres à la recherche d’invertébrés. Il peut d’un coup de patte arracher la tête d’un renne.

Par ses empreintes de pattes de devant, plus particulièrement grâce à ses callosités plantaires, il est possible d’estimer, très approximativement, l’âge d’un ours brun : de 7-8 cm pour un ourson à 17-24 cm et plus chez les grand mâles.

Mai et juin voient le début de la saison des amours des plantigrades. Des couples se forment et se défont, la femelle peut ainsi s’accoupler avec plusieurs mâles. Ceux-ci, pendant cette période, sont des plus agressifs et des oursons peuvent en faire les frais.

Une femelle et ses trois petits

Une femelle et ses trois petits

La gestation chez l’ours est de sept mois et demie. Une femelle met au monde de un à trois oursons (voir quatre), une fois tous les trois-quatre ans et ce au mois de janvier-février. L’ours est donc le seul mammifère à mettre bas pendant la période d’hibernation. Le poids des petits n’excède pas 0,3-0,6 kg. Les oursons d’un an sont surnommés segolietki, de deux ans lontchaki, de trois ans tretiaki. Ils restent sous la protection de leur mère jusqu’à avoir atteint l’âge 2,5-3,5 ans, voir parfois 4,5 ans.

La puberté survient vers la 5-6ème année et c’est à partir de ce moment-là, jusqu’à ce qu’il ait atteint l’âge de 12 ans qu’il est le plus reproductif. Si une femelle, au cours de sa vie, donne naissance à 12-15 oursons, à la puberté seule la moitié sera toujours en vie.

Du printemps à l’automne l’ours est très actif. Sa principale activité est la recherche de nourriture. Il migre en fonction des saisons et peut ainsi parcourir près de 1 000 km. Il est doté d’un sens inné de l’orientation et d’une excellente mémoire à long terme.

Ours mangeant du saumon

Ours mangeant du saumon

Si le saumon occupe une place de choix dans l’alimentation de l’ours, en son absence il sait se montrer totalement omnivore, les noix de cèdres et baies seront son menu de prédilection. Mais ses goûts ne s’arrêtent pas là : s’il a le choix, il peut très bien ne manger que les meilleures parties d’une plante ou faute de mieux, se rabattre sur n’importe quel type de nourriture allant des cadavres d’animaux tombant en décomposition aux déchets ménagers.

Il est d’un naturel solitaire, mais ne boude pas la compagnie de ses congénères lorsque la nourriture est abondante comme lors de la période de fraie du saumon.

L’ours, à l’approche des froids, arrange sa tanière et s’y tapit pour le reste de l’hiver. Ce pachyderme n’hiberne pas comme d’autres animaux : il reste en état de veille, entend tout et en cas de danger peut réagir.

Des ours peuvent ne pas rentrer en état d’hibernation car ils n’ont pas assez acquis assez de graisse sous-cutanée avant l’arrivée de l’hiver, ce sont des «chatouns». Ils ne survivent généralement pas jusqu’au printemps.

Ours du Kamtchatka

Ours du Kamtchatka

L’ours n’a pas de prédateur direct (à part l’homme) et se trouve au sommet de la chaîne alimentaire. Le Kamtchatka en autorise la chasse et selon les licences 500 bêtes peuvent être tuées. On estime que l’on peut en mettre autant sur le compte des braconniers.

L’ours est considéré comme un animal pacifique et plutôt enclin à fuir à la vision d’un homme, mais chaque bête est particulière et il faut éviter tout comportement qui pourrait lui sembler agressif.

Lors des séjours organisés toutes les mesures de sécurité sont prisent par les guides locaux et cuisiniers, mais il est du devoir de chacun de tout faire pour limiter les rencontres fortuites. Les autorités du Kamtchatka mettent en garde la population sur les dangers auxquels on s’expose à laisser de la nourriture ou bien même des ordures.

Les règles de sécurité à observer:

Voici les règles de sécurité à observer que l’on peut trouver sur le site de l’office du tourisme du Kamtchatka :

  • le plus sûr est d’effectuer un voyage au Kamtchatka en compagnie d’un guide local aidé d’un bon husky qui « scanne » constamment l’espace environnant et qui par son comportement détecte toujours la présence de la bête. Elle le chasse du chemin et protège les campements contre les incursions de nuit. Vivre à côté du guide local vous apprendra à corriger rapidement votre comportement, sans vous poser de questions,
  • si vous voyagez par vos propres moyens, désignez toujours votre présence par des sons lorsque vous traversez les habitats de l’ours, cela peut se faire à l’aide : d’un sifflet, d’une clochette spéciale fixée sur vos vêtements ainsi qu’une cuillère métallique dans une tasse vide verticalement disposée à la languette extérieure de votre sac à dos. Si sur les chemins, il y a des traces fraîches d’ours ou d’excréments, parlez à voix haute, tapez, chantez, sifflotez. Les ours n’aiment pas la violation soudaine de leur «espace personnel». La frayeur ou le stress peuvent provoquer une attaque qui sera pour eux une forme de protection,
  • n’utilisez pas sur l’itinéraire des produits d’hygiène sentant fortement (serviettes jetables humectées, déodorants, shampooings etc.), surtout ne les jetez jamais après l’utilisation dans les buissons et sur le chemin (y compris les serviettes hygiéniques), mettez les absolument dans des sacs en plastique et emportez les avec vous s’il n’y a pas de possibilité de les brûler. Si vous le faites, veillez à qu’il ne reste rien. Il est certain que l’ours flairera absolument l’odeur de ce que vous avez laissé et viendra sans doute possible. Pensez à vous et vos proches à qui vous raconterez ce voyage. S’ils veulent répéter votre itinéraire, recevoir les mêmes émotions, que cela soit aussi sûr que cela l’a été pour vous. Par conséquent, ne laissez derrière vous que des traces d’herbe aplatie et que des cendres dans les feux de camp,
  • quand en chemin vous vous restaurez, mettez dans vos poches ou des sacs les emballages de bonbons, enveloppes de chewing-gum, restes des différentes collations ou barres énergétiques ainsi que les mégots des cigarettes. Jetées par un mouvement habituel, comme cela peut être fait parfois en ville, les ordures laissent une forte odeur et attirent l’ours. N’oubliez pas que dans la Nature Sauvage il n’y a pas d’ouvrier municipal, chaque habitant doit prendre soin de lui-même et de la propreté de l’espace commun. Faites corps avec la Nature, prenez du plaisir et partagez le avec vos proches.
  • lors des arrêts, préparez la nourriture en fonction des besoins réels de tous afin qu’il n’y ait pas de reste. Si vous faites du feu et que vous disposez d’assez de bois, brûlez les boîtes de conserve, puis aplatissez-les et emportez les avec vous. Si vous utilisez du gaz, aplatissez les simplement, mettez les dans des sachets spécialement apportés à cet effet et emportez les avec vous. Si vous avez tout de même des restes de nourriture, déversez les dans le sillage d’un ruisseau. Combler le feu de déchets alimentaires, boîtes de conserves et sachets plastique est une habitude très nuisible et dangereuse conduisant à la tragédie. Ne faites jamais cela. L’ours viendra dans tous les cas sur votre lieu de repos : s’il est propre, il se contentera juste de fouiller les cendres et partira, s’il trouve des déchets alimentaires, il reviendra ici encore et encore, en associant toute personne comme source de production d’une nourriture facile et bonne, tout en percevant l’homme comme un obstacle s’il se met en travers de sa route.

La Nature sauvage est un système d’auto régulation durable.

Dans la Nature Sauvage, il n’y a rien superflu : il n’y a pas de déchet, d’ordure et de surproduction.

Dans la Nature Sauvage, il n’y a pas d’animaux domestiques.

Dans la Nature Sauvage, il n’y a pas d’employé municipal, chacun enlève pour lui-même.

Ours brun du Kamtchatka au repos

Crédits photos

Nous remercions les auteurs des photos et propriétaires des droits  qui nous ont permis d’illustrer cet article. Vous pouvez consulter leurs pages internet en cliquant sur les liens correspondant aux photos.

BaikalNature Helen Flamme
Robert Nunn Robert Nunn
Robert Nunn Igor Chpiliénok

 

28 commentaires

  1. lebouvier /

    j’ai trouver ce site tres interessant je le consulterais tres souvent en attendant de pouvoir un jour aller moi meme au kamchatka dans la region de kurdil

  2. pioche éric /

    il y a longtemps que j’aimerai observer et photographier les ours dans cette région. à lire vos commentaires à ce sujet j’ aimerai plus de renseignements pour trouver une bonne « agence » pour y aller. merci par avance.

    • BaikalNature /

      Bonjour Monsieur,

      Je vous remercie de l’intérêt que vous avez porté à notre site ainsi qu’à l’article sur les ours bruns.

      Si les ours bruns se rencontrent presque sur tout le territoire du Kamtchatka, le meilleur endroit pour les observer de près est le lac Kouril, situé au sud de la péninsule.

      En été, les saumons du pacifique viennent frayer en grand nombre dans ce lac et font le régal des ours bruns.

      Des parcours et passerelles d’observation sont aménagés, mais il est également possible de s’éloigner de la « zone touristique » et de partir en canot à moteur sur le lac.

      Généralement, on gagne le lac Kouril en hélicoptère à partir de l’héliport d’Elisovo (30 km de Pétropavlovsk-Kamtchatski).Les hélicoptères sont des MIG, en général des MIG-8 d’une capacité de 22 places. Le vol dure 1h15.

      Il est également possible de gagner le lac Kouril par la route, mais cela prend un peu plus de deux jours, tout en vous donnant la possibilité de découvrir le Kamtchatka de l’intérieur…

  3. LAPLACE /

    Quel bonheur de voyager dans cette contrée lointaine, merci pour ce voyage virtuel qui deviendra peut-être un jour réalité!

  4. guffroy michele /

    Je suis une passionnee de volcans, de nature, passionnee aussi par la vie sauvage et les ours. Je reviens du Wyoming et plus particulierement de Yellowstone ou j’aime retourner. Je viens de voir un documentaire sur le Kamtchatka a propos d’un volcan en eruption. Je suis allee sur google earth pour situer ce pays et voir quelques photos. je suis conquise. Une nature encore vierge, inquietante et sauvage, des paysages a couper le souffle. De belles photos pour moi qui suis une passionnee de photographie, et peu de tourisme. Je suis tombee amoureuse de ce pays sans y etre allee. J’essaie de realiser toujours mes reves, et j’aimerais tant voir un volcan en eruption entre autre. ces paysages sont sublimes. Est il possible d’y venir ? d’y dormir ? de s’y promener avec un guide pour ne pas prendre de risques. Est ce que 15 jours de vacances seraient suffisantes pour decouvrir toutes ses merveilles ?
    Merci de nous faire partager ces photos magnifiques.

    • BaikalNature /

      Bonjour Michèle.
      Merci pour votre commentaire.
      En effet le volcan Klioutchevskoï, le point culminant du Kamtchatka, est entré en éruption fin septembre dernier à la plus grande joie des passionnés. Il faut signaler que son éruption n’est en rien similaire avec celle du volcan Merapi (Indonésie) qui a fait de nombreuses victimes. Les villages du Kamtchatka sont toujours situés à bonne distance des volcans.
      On peut se rendre au Kamtchatka depuis Moscou ou St Pétersbourg et la palette d’activité qu’offre cette destination est large. Vous pouvez en avoir un aperçu en consultant la page Voyages Kamtchatka ou les voyages que nous proposons déjà sur notre site BaikalNature, prélude à d’autres séjours au Kamtchatka.
      La meilleure période pour se rendre dans la péninsule est celle comprise entre juillet et septembre, mais que vous choisissiez de voyager en été ou en hiver, chaque excursion ne se fait qu’en la présence de guides locaux et expérimentés.
      Enfin , le Kamtchatka permet à chacun de trouver l’hébergement de son goût allant de l’hôtel de classe internationale au campement au pied des volcans, en passant par la maisonnette située à deux pas d’une source chaude.

  5. Lapierre /

    Merci pour cet article, il me donne envie d’aller par moi-même admirer ces magnifiques ours bruns

Et si nous partagions un instant ?

Cet article a été créé dans le but de vous offrir le maximum de renseignements sur le Kamtchatka et satisfaire ainsi votre curiosité. Nous avons mis tout notre coeur à sa rédaction, en espérant qu’il retienne tout votre intérêt et vous donne envie de fouler cette terre du bout du monde exeptionnelle. Faites nous part de vos impressions, de vos avis, de vos questions, nous serons heureux de vous lire et d’échanger avec vous. Consacrez-nous un peu de temps, cet espace vous appartient !