Les ethnies du Kamtchatka

Les ethnies du Kamtchatka

Culture

Bien avant que le Kamtchatka ne soit « découvert » par les Russes, des ethnies l’habitaient déjà depuis des temps séculaires :

  • les Koriaks,
  • les Itelmènes,
  • les Evènes,
  • les Tchouktches.

Une autre ethnie vivait, elle, sur les îles Aléoutiennes avant que les Russes ne déplacent quelques uns de ses membres au Kamtchatka. Il s’agit des Aléoutes.

Les Koriaks :

Les Koriaks forment l’ethnie majoritaire qui peuple le nord du Kamtchatka et vit dans le district autonome de Koriakie.

Les Koriaks se répartissent en deux catégories : les nomades et les sédentaires.

Avant l’arrivée des explorateurs, les Koriaks, qu’ils soient nomades ou sédentaires, pratiquaient tous deux la chasse et le piégeage des bêtes à fourrure sans que cela occupe une place prédominante dans leur économie. Pour la chasse ou la guerre, ils utilisaient des arcs avec des flèches, des lances et des frondes.

Les koriaks sédentaires :

Les Koriaks sédentaires établis dans des villages le long des côtes sont surnommés les Nimilans.

Les Nimilans vivaient principalement de la pêche côtière. Le poisson était attrapé à l’aide de filets tissés avec des tiges d’orties. Leur conception nécessitait un travail laborieux qui pouvait prendre deux années pour un piètre résultat : la solidité n’était pas au rendez-vous et la plupart ne duraient qu’une année.

La chasse aux mammifères marins occupait la seconde place de l’économie des Koriaks sédentaires. Ils sortaient en mer sur des canots et se servaient de harpons propulsés par des arcs ainsi que de lances. La peau des animaux rentrait aussi bien pour garnir leurs skis, confectionner des chaussures, sacs, ceintures…

Les Nimilans ont également beaucoup développé d’activités domestiques telles que la sculpture sur bois et sur os, le travail des métaux, la conception de vêtements et de tapis.

En été, ils sortaient en mer à bord de grand canots dans la baie de la Penjina pour la chasse à la baleine.

Les koriaks sédentaires avaient une habitation pour l’hiver, une pour l’été.

Les Koriaks nomades :

Les Koriaks nomades sont surnommés les Chavchouvens, ce qui signifie «éleveurs de rennes», et vivent dans la toundra.

Le renne leur fournit tout ce dont ils ont besoin pour vivre : ils consomment sa viande, sa peau est utilisée pour la confection de vêtements, ses os rentrent dans la fabrication d’outils, d’articles ménagers divers et sa graisse sert de source d’éclairage.

De plus, le renne, qui leur sert de moyen de locomotion, rentre également comme élément de construction de leur habitation mobile : la yaranga.

De nos jours, les Koriaks élèvent toujours des rennes, pêchent, chassent et travaillent toujours la fourrure.

La langue koriak est enseignée aux enfants dans les écoles maternelles. A Palana, une école des arts a été ouverte, plusieurs collectifs collaborent auprès de la maison de la culture pour la préservation de la langue et le folklore koriak. La radio et télévision émettent également en langue koriak.

Pour la défense des populations de la circonscription, une organisation a été créée dans le but de veiller aux lois qui permettent la sauvegarde de leurs traditions. Les Koriaks siègent en outre à «association des peuples indigènes du nord, de la Sibérie et de l’Extrème-Orient de la Fédération de Russie».

Les Itelmènes :

Les Itelmènes (ce qui signifie «habitant du lieu» en langue itelmène) serait la population la plus ancienne du Kamtchatka.

Leurs premiers contacts avec les Russes remontent à 1697, ceux-ci les nommaient les Kamtchadals.

Leur territoire s’étendait du cap Lotopka, au sud de la péninsule, à la rivière Tiguil, au nord-ouest jusqu’à la rivière Oukla, au nord-est.

Les Itelmènes construisaient leurs villages sur le bord des rivières, la pêche leur apportant leur principal moyen de subsistance. Plusieurs se trouvaient sur les rives de la Kamtchatka, Elovka, Bolchaya, Bistraya et Avacha ainsi que sur celles de la baie d’Avacha.

Dès la débâcle (fonte des glaces) toute l’activité des Itelmènes se trouvait concentrée sur et au bord de l’eau. D’avril à décembre, ils naviguaient à bord de bateaux plats entièrement sculptés et creusés dans du bois de peupliers. S’ils possédaient des filets semblables à ceux des Koriaks, ils établissaient également des barrages pour capturer les poissons, essentiellement des salmonidés.

Ils les préparaient de diverses manières : ils en séchaient une partie, l’autre stockée dans des fosses spéciales afin d’être fermentée. Il ne pouvait pas conserver une grosse quantité de poissons car ne possédaient pas de sel.

Hormis, la pêche, ils se livraient à la cueillette de plantes médicinales, affaire de femmes, et la chasse (renard, zibeline, mouflon des neiges, otarie de Steller, phoque, loutre de mer), affaire d’hommes.

Les vêtements des Itelmènes, s’ils ne différaient guère de ceux des Koriaks ou des Tchouktches par leurs lignes, se démarquaient de part leur élégance. La zibeline, le mouflon des neiges, le renard et même du chien étaient utilisés pour la confection de ces vêtements élaborés principalement par les femmes.

Ces dernières avaient coutume de porter des perruques qui, par leur solidité et massivité, leur apportaient respect.

Aujourd’hui, dans la région de Tiguil vivent vingt-deux communautés itelmènes qui s’occupent essentiellement de l’élevage de rennes, de la chasse aux mammifères marins et de la pêche.

En 1988, un dictionnaire de la langue itelmène a été édité. Dans le district autonome de Koriakie, elle est enseignée dans trente-deux écoles et à Palana, la capitale locale, elle est véhiculée par la radio et la télévision.

Les Itelmènes sont représentés au sein de l’«association des peuples indigènes du nord, de la Sibérie et de l’Extrème-Orient de la Fédération de Russie» par le «conseil de la renaissance itelmène».

Les Evènes :

Les Evènes ou Lamoutes forment un peuple qui est présent en République de Sakha (ou Iakoutie), dans l’Oblast de Magadan, dans le district autonome de Tchoutkotka, au Kamtchatka et dans la région d’Okhotsk (Kraï de Khabarovsk).

De part leur culture, les Evènes sont proches des Evenks.

Ils se répartissaient en deux catégories :

les Evènes des zones continentales : éleveurs de rennes broutant dans des pâturages espacés les uns des autres d’une dizaine de kilomètres. En plus d’être la base de leur alimentation, les rennes servaient de monture et de bêtes de somme aux Evènes. Ils chassaient (rennes sauvages, mouflon des neiges, bêtes à fourrure) et pêchaient.

les Evènes des zones côtières : ils se déplaçaient au printemps de la taïga continentale aux rives de la mer d’Okhotsk et inversement en automne, pratiquaient la pêche côtière, la chasse ainsi que l’élevage de chiens de traîneaux.

Deux types d’habitations existaient chez les Evènes : une de type Evenk, appelée tchoum, une de type tchouktcho-koriak, la yarangua.

Leurs vêtements par la composition et la coupe étaient semblables à ceux des Evenks.

La culture et les traditions des Evens amorcent un renouveau de nos jours. La langue évène est enseignée dans les écoles supérieures et est relayée par les médias (journaux et radio-télévision).

Les Tchouktches :

Les Tchouktches sont les voisins nordiques des Koriaks. Une partie de ceux-ci se sont installés au Kamtchatka.

Leur nom, littéralement signifie «hommes de rennes» (tchaoutchou). Un Tchouktche à la tête d’un troupeau de moins de cent bêtes était considéré comme pauvre et se voyait confisquer le droit de posséder des bêtes. Cette particularité a conduit à de multiples conflits.

Les maisons des Tchouktches ressemblaient à celles des Koriaks.

A l’instar de ceux-ci, il existe aussi des villages de sédentaires vivant de la pêche et de la chasse aux mammifères marins. A cette fin, ils utilisaient des arcs, des flèches, des lances et des harpons dont les pointes étaient constituées d’os et de pierre.

Des informations relatent le fait que les Tchouktches commerçaient avec les Esquimaux non loin des côtes américaines.

Ils se déplaçaient principalement à dos de rennes, mais comme les Koriaks et Itelmènes, se servaient de kayak et de chiens de traîneaux.

Les Aléoutes :

Les Aléoutes sont originaires des îles Aléoutiennes et se nomment entre eux les « Ounangans » (les habitants de la côte).

En 1825, la compagnie russe d’Amérique ont fait «déménager» dix-sept familles d’Aléoutes des îles Aléoutiennes sur l’île de Béring.

Traditionnellement, ils vivaient de la chasse aux mammifères marins et de la pêche. Ils récoltaient également des oeufs de colonies d’oiseaux marins et les conservaient dans de la graisse en vue de l’hiver.

Des yourtes semie-enterrées tenaient lieu d’habitation aux Aléoutes qui avaient coutume de se déplacer avec des attelages de chiens.

Crédits photos

Nous remercions les auteurs des photos et propriétaires des droits qui nous ont permis d’illustrer cet article. Vous pouvez consulter leurs pages internet en cliquant sur les liens correspondant aux photos.

BaikalNature

8 commentaires

  1. FASSEUR Richard /

    Votre site est plein d’informations passionnantes

  2. Vladimir Leonov /

    Merci beaucoup pour ces informations !

  3. Bon article !

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