La Vallée des Geysers

La Vallée des Geysers

Géographie

Le volcanisme a façonné le Kamtchatka tel un joaillier et son intense activité n’a de cesse de le rendre encore plus précieux.

Une réserve peut s’enorgueillir de receler un des plus beaux joyaux de la péninsule : la réserve de biosphère nationale de Kronotski.

En effet, elle abrite sur son territoire une vallée à la beauté époustouflante et fantasmagorique : la Vallée des Geysers.

L’UNESCO considère la Vallée des Geysers  « comme ayant une valeur universelle exceptionnelle »  et depuis l’inscription de cette réserve, ainsi que d’autres espaces protégés, elle figure sur la liste du patrimoine mondiale sous l’appellation « Volcans du Kamtchatka ».

Localisation de la Vallée des Geysers

La Vallée des Geysers, distante d’un peu plus de 170 kilomètres à vol d’oiseau de Pétropavlosk-Kamtchatksi, la capitale administrative du kraï du Kamtchatka, appartient à la réserve de biosphère nationale de Kronotski située dans la chaîne volcanique est.


Légende

Vallée des geysers

Pétropavlovsk-Kamtchatski

Découverte et exploration de la vallée

On doit la découverte de la Vallée des Geysers à deux personnes :

  • Tatiana Ivanovna Oustinova (1913-2009) : diplômée de l’université d’état de Khartov en géologie générale, elle épousa Iouri Viktorovitch Avévine,  zoologue de formation, qu’elle rencontra pendant ses études. Tous deux travaillèrent dans une réserve située dans l’Oural avant de gagner le Kamtchatka en mai 1940 pour prendre leurs fonctions à la réserve de Kronotski. En 1941, accompagnée d’Anissifor Kroupénine, elle découvrit la Vallée des Geysers.
  • Anissifor Pavlovitch Kroupénine (1912-1990)  : né au Kamtchatka, il est d’origine itelmène. Menuisier et charpentier de formation, il devint projectionniste ambulant, se déplaçant en barque l’été et, excellent musher, en chien de traîneaux l’hiver. En 1937, Anissifor Kroupénine rentre au service de la réserve de Kronotski et participe à son essor. A 28 ans, il rencontre Tatiana Oustinova, elle le surnomme le « Dersou Ouzala » du Kamtchatka et vante ses qualités. Il découvrit, au côté de la géologue, la Vallée des Geysers.

Tatiana Oustinova et Anissifor Kroupénine en 1941

Le 14 avril 1941, se remémore Anissifor Kroupénine, tous deux exploraient les rivières Tikhaïa (tranquille) et Choumnaïa (bruyante) à chien de traîneaux, quand :

« Nous nous sommes assis sur une pierre, avons pris une collation (biscuits, beurre, thé). Il nous restait peu de temps pour revenir au camp avant la nuit. J’ai dit à Tatiana Ivanovna :  « je finis ma cigarette afin de ne pas nous arrêter en route et nous y allons ». Et tout à coup, sur le côté opposé, de la vapeur apparut et un  jet d’eau accompagné d’un bruit sourd rugit. Il s’élança en diagonale à travers la rivière, droit sur nous. Nous nous sommes accrochés à la berge rocailleuse. On pouvait sentir la vapeur brûlante. Qu’est-ce que cela pouvait-il bien être? Nous avons trouvé un passage à travers la rivière. L’eau était chaude. Nous avons mesuré la température : + 28 degrés ! « Davaï (allons) ! Cherchons d’où provient ce jet ».  Nous avons trouvé une faille entre les pierres. L’eau bouillonnait en profondeur et, peu à peu, elle a comblé la cavité. Ensuite, de nouveau jaillit un jet d’eau et de  la vapeur… « C’est un geyser »,  a dit Tatiana ».

Effectivement, ils venaient d’être en présence d’un phénomène volcanique particulier que l’on appelle « geyser ». Il est caractérisé par une source chaude souterraine qui au contact de roches, elles-même chauffées par du magma en fusion,  projette à la surface, par intermittence,  à haute pression et à haute température, de l’eau et de la vapeur.

En tant que première manifestation de ce type, dans ce qui allait devenir bientôt la « Vallée des Geysers », il recevra plus tard le nom de « Pierviéniets » (premier-né).

Le "Pierviénets"

Tatiana Oustinova et Anissifor Kroupénine attendirent l’été  et c’est avec des chevaux chargés de leur équipement qu’ils revinrent sur les lieux le 25 juillet 1941 en empruntant un autre itinéraire. Ils ne tardèrent pas à constater d’autres témoignages de la présence de geysers. Ils séjournèrent dans la vallée quatre jours durant.

Chaque geyser trouvé reçut un nom en fonction d’un « trait » caractéristique : le plus grand geyser : le « Vélikane » (le géant), celui jaillissant d’une fente :  le « Chtchel » (la fente),  un autre dont l’eau émerge de trois trous pendant son éruption : le « Troïnoï » (le triple). Tatiana Oustinova et Anissifor Kroupénine les étudièrent tous, décrivirent leur mode de fonctionnement, leur activité… La tâche ne fut pas des plus simples et même dangereuse, comme en témoignera plus tard la géologue :

« Jouxtant le site des geysers « Bolchoï » (grand) et « Maly » (petit), sur le côté droit de la vallée, à quarante mètres au-dessus de la rivière, se trouve une grande terrasse. Sa surface lisse est couverte de hautes herbes. A beaucoup d’endroits de la terrasse on trouve des parcelles chaudes, mais elles ont tendance maintenant à se refroidir et se couvrir d’herbe.

C’est sur une telle zone, couverte d’herbe, que nous avons planté notre tente. Le sol au touché était totalement froid, mais sous les effets, sacoches de chevaux, sacs de couchage, la chaleur a commencé à s’accumuler. Le contenu des sacoches se réchauffa, l’équipement devint humide, les canons des fusils se couvrirent de rouille, il était difficile de dormir.

Non loin de la tente, notre cheval, passant sur un terrain ferme et tout à fait froid en surface, couvert, comme un tapis, de mousse vert vif, s’enfonça les pattes arrières d’environ un demi-mètre. De ces trous, réalisés par nous dans la vallée en l’espace de quelques jours, s’échappèrent constamment des flux de vapeurs. »

1941 vit l’entrée de la Russie dans la seconde guerre mondiale. En réponse au télégramme qu’elle adresse à Moscou, à l’administration des réserves, annonçant sa découverte, Tatiana Oustinova se voit sommée d’arrêter ses recherches. On remplaça son mari, actuel directeur de la réserve, par un autre : le temps n’est plus à la recherche, mais à l’économie. Tatiana Oustinova et Iouri Avévine quittent le Kamtchatka. Après la guerre, la géologue et Anissifor Kroupénine furent de nouveau réunis dans la réserve. Cette fois-ci, Iouri Avévine se joignit à eux. Ensemble, ils poursuivirent et achevèrent l’étude de la Vallée des Geysers.

Tatiana Oustinova consigna toutes ses découvertes et observations dans un ouvrage intitulé « Les geysers du Kamtchatka » publié à 20 000 exemplaires en 1951. En 2003, pour célébrer ses 90 ans, il fut numérisé.

Description de la vallée

Un canyon volcanique large de quatre kilomètres, long de huit et profond de quatre cents mètres sert d’écrin à ce site prodigieux, reconnu comme une des merveilles de Russie, qu’est la Vallée des Geysers.

Au coeur de celle-ci, coule la rivière Guézernaïa. A six kilomètres de son embouchure, le « Bolchoï » (le grand), le « Vélikane (le géant), la « Krépost » (la forteresse), le « Bastion » (le bastion), le « Fontane » (le jet), la « Banna » (la baignoire), le « Jemtchoujny » (le nacré), le « Plachtchanitsa » (le Saint-Suaire)  pour ne citer que ceux-ci, animent cette vallée. « Animent » car ils ne se contentent pas d’être élément du décor, ils sont bel et bien acteurs et, en commun ou chacun à leur tour, rentrent en représentation et donnent un spectacle des plus « jaillissants ». Ce sont plus d’une vingtaine de petits et grand geysers, concentrés majoritairement sur la rive gauche de la rivière, qui font la rareté de cette vallée.

Seulement quatre autres lieux au monde offrent une telle concentration de geysers :

  • le parc national du Yellowstone aux USA,
  • la vallée d’El Tatio au Chili,
  • la zone volcanique de Taupo en Nouvelle-Zélande,
  • l’Islande qui a des geysers répartis sur tout son territoire, dont le « Geysir » à qui l’on doit le nom geyser.

Quelques geysers

Chaque geyser possède un nom qui le qualifie. Certains se rapportent à leur puissance, caractère, forme, couleur… D’autres se sont vus attribuer le nom d’un scientifique. Ils ont tous fait l’objet d’une étude approfondie : fréquence d’éruption, durée, hauteur de la fontaine d’eau bouillante, celle à laquelle s’élève la vapeur, volume de leur consommation en eau…

Le « Vélikane » (le géant)

Ce geyser porte bien son nom : il projette de l’eau bouillante à une hauteur de 20-25 mètres, sa vapeur s’élève à plusieurs centaines de mètres. Le « Vélikane » en tant que plus grand geyser de la vallée en est un peu la « star » et adopte un comportement digne de ce nom : s’il offre le spectacle époustouflant de quelques dizaines de mètres cubes d’eau envoyés en l’air en quelques secondes,  il faut patienter entre six et huit heures pour espérer le voir renouveler un tel prodige. De plus, alors que l’on croit l’heure tant attendue enfin venue, il semble narguer ses spectateurs en projetant à une hauteur de deux mètres des masses d’eau et, ce, à près de dix reprises en l’espace d’une demie-heure avant de commencer son véritable « show ». Rares sont donc les  privilégiés qui ont la chance d’assister à l’activité du « Vélikane » lors d’une excursion à la Vallée des Geysers.

La Vallée des Geysers avec le "Vélikane" en second plan

Le « Bolchoï » (le grand)

Le « Bolchoï » fait la joie des touristes : non seulement par la hauteur de sa fontaine (10-15 mètres), celle de son panache de vapeur (200 mètres), mais également par sa régularité (une éruption environ toutes les heures).  L’intensité maximale de son activité dure quelques minutes et s’estompe complètement dans les 20-30 minutes. Il figure parmi les plus importants geysers de la vallée et se trouve être un des plus accessibles car situé proche du centre d’accueil.

Le « Jemtchoujny » (le perlé)

Beaucoup de mots empruntés au thème de  la joaillerie ont trouvé place dans cet article. Le nom d’un geyser vient parfaire ce champ lexical :  le « Jemtchoujny » (le nacré). Des pierres recouvertes de geysérites grises entourent sa bouche ce qui lui confère ce qualificatif. Le « Jemtchoujny », considéré comme un des plus beaux de la Vallée des Geysers, se montre moins avare que le « Vélikane », son proche voisin : pendant plusieurs minutes, toutes les 3-4 heures, sa fontaine s’élance à près de 10 mètres de hauteur.

Le « Dvoïnoï » (le double)

Ce geyser se trouve dans la partie centrale de la Vallée des Geysers nommée « Vitrail » composée de cinq grands geysers. Il ne possède pas de cycle régulier et son éruption dure quelques minutes : de l’eau bouillante est propulsée à une hauteur d’un mètre par deux fentes parallèles. Cette particularité lui valut le nom de « Dvoïnoï ».

L’ « Avérievski »

C’est en hommage au célèbre vulcanologue et hydrologue russe Avériev Valéri Viktorovitch, qui eut un rôle prépondérant dans la vallée,  que l’on nomma le geyser « Avérievski ». Situé également dans le « Vitrail », il se montre dix fois plus grand consommateur d’eau que le « Vélikane » : ce ne sont pas moins de 1 000 mètres cubes d’eau bouillante que l’ « Aviérievski » projette dans les airs en une journée à une hauteur de 3-5 mètres.  Tatiana Ivanova ne fit pas la description de ce geyser qui n’agit en tant que tel que depuis les années 1970 : subitement, un  jour, il émit une fontaine d’eau bouillante de 15 mètres de haut. L’ « Avérievski » au court de son histoire a ainsi souvent changé de régime ou mode de fonctionnement.

Le « Chtchel » (la fente)

Même s’il n’est pas le plus impressionnant geyser de la vallée, le « Chtchel » n’en reste pas moins connu de tous. Sa localisation proche d’une plateforme d’observation lui vaut beaucoup d’admirateurs qu’il régale régulièrement de son spectacle bien réglé : rien, pas un signe de vie, le silence, puis soudain un bruit sourd se fait entendre des profondeurs du geyser et très rapidement de l’eau jaillit à une hauteur de 2-3 mètres et cela dure une minute et puis… plus rien avant 35-37 minutes.

D’autres geysers

Un site internet dédié exclusivement à la Vallée des Geysers (valleyofgeysers.com), extrêmement bien documenté et réalisé, vous permettra de faire plus ample connaissance avec tous les tumultueux héros qui donnent vie à cette vallée.

Divers geysers

La vallée ne se résume pas qu’à des geysers

L’activité volcanique qui règne dans les entrailles de la Vallée des Geysers est révélée en surface non seulement par les geysers, mais aussi par différents témoins non moins spectaculaires. Ils participent à la beauté de ses paysages et lui confèrent une atmosphère particulière.

Des sources chaudes, bouillonnantes et vaporeuses sont disséminées sur tout le territoire de la vallée. Une dizaine d’entre-elles bordent les rives gauche et droite de la rivière Guézernaïa. Comme les geysers, chacune a fait l’objet d’études, porte un nom, comme la plus grande, l’ « Istochnik Bolchoï » (la grande source). Il en est qui bouillonnent  à un point tel qu’une large surface autour d’elles est aspergée. Une doit éveiller la vigilance, il s’agit de la « Kovarny » (la perfide) : perfide, car si habituellement, avec des pics enregistrés à un mètre de hauteur, elle ne présente aucun danger, la « Koverny », sans crier gare, s’est déjà « exprimée » un peu plus violemment que de coutume par le passé et a fait « partager » un peu de sa chaleur aux passants…

Une terrasse, surplombant la rive gauche de la rivière Guézernaïa, concentre d’autres phénomènes bouillonnants que sont les mares ou marmites de boues (sources chaudes ou fumerolles chargées de sédiments volcaniques). Leurs noms parlent d’eux-même : la « Kotel Golouboï » (la marmite bleue), la « Kotel Jéliony » (la marmite verte), « Kotel Opasny » (la marmite dangereuse), les « Kotli Bliznietsy » (les marmites jumelles). La plus grande d’entre-elle, la « Kotel Krasny » (la marmite rouge), affiche des dimensions de 17 mètres de long pour 12 de large et une profondeur de 2 mètres.

Une mare de boue

Non loin de ces mares de boues, deux fosses, dont de la vapeur cache le fond, laissent entendre des bruits sourds, certains semblables à des gémissements, remontant de leurs tréfonds. Bienvenue à la « Vrata Ada » (la porte de l’enfer)…

La "Vrata Ada"

Cette face, peut être effrayante, en côtoie d’autres plus enchanteresses.

La Vallée des Geysers abrite plusieurs chutes d’eau :

  • une de 6 mètres qui tombe de la rivière Sestrionka (la petite soeur) dans la rivière Choumnaïa,
  • une de 80 mètres, également sur la rivière Choumnaïa. C’est une des plus grandes chutes d’eau du Kamtchatka et la plus puissante,
  • la « Vodopad Tiomny » (la chute d’eau chaude) issue des eaux chaudes du ruisseau « Igrouchka » (jouet), elle se jette dans la rivière Guézernaïa,
  • la « Triorkaskadny Vodopad » (la chute d’eau aux trois cascades) : comme son nom l’indique, cette chute d’eau, située sur la rivière Guézernaïa, est composée de trois cascades, respectivement d’une hauteur de 9, 11 et 10 mètres.

Les rivières Sestrionka et Guézernaïa, précédemment citées, s’écoulent à leur tour dans la rivière Choumnaïa à un endroit joliment appelé  les « Tri Sestri » (les trois soeurs).

Rivière de la Vallée des Geysers

L’eau, donc, la vallée n’en manque pas : des ruisseaux, des rivières, des chutes d’eaux, des cascades, des geysers bien sûr. Que lui manque t’il ?

Des lacs ! Là aussi, la nature ne s’est pas montrée avare. Si certains petits lacs, en raison de leur moindre importance, n’ont pas été baptisés, il est possible de citer l’ « Ozéro Tiomny » (le lac chaud), le « Ozéro Outinoïé (le lac aux canards), également chaud. La Vallée des Geysers compte aujourd’hui un nouveau lac, l’ « Ozéro Guézernoïé », résultant d’une catastrophe naturelle qui s’est produite le 3 juin 2007.

Le 03 juin 2007

Il est des dates qui restent à jamais gravées dans les esprits. Si le 25 juillet 1941 marque la découverte de la Vallée des Geysers, celle du 03 juin 2007 aurait très bien pu être associée à jamais à sa disparition.

Un court extrait d’un article, rédigé en anglais, du site internet du  Kommersant (quotidien russe), daté du 04 juin 2007, peut résumer ainsi les faits :

« Une puissante avalanche de boue est descendue dans la Vallée des Geysers, hier aux environs de 14h30 heure locale (05h30 heure de Moscou). La vallée est située dans un canyon de 4 kilomètres et l’avalanche a formé un barrage de 1,5 kilomètres sur 200 mètres au fond du canyon où coule la rivière Guézernaïa. »

Un glissement de terrain s’est produit dans le cours supérieur du ruisseau Vodopadny (de la cascade) d’origine non sismique, mais fruit d’un processus naturel d’érosion. 22,7 millions de mètres cube de boue, de neige, de roches,  d’arbres, de débris se sont répandus dans la rivière Guézernaïa, ont continué leur progression en remontant le canyon jusqu’à la confluence avec la rivière Choumnaïa. Il en résulta un barrage haut de 60 mètres, qui fit monter les hauts de la rivière Guézernaïa et donna naissance à l’ « Ozero Guézernoïé ».

Le "Vitrail" : en haut en 2006, en bas le 07 juin 2007

Fort heureusement, même si 19 touristes et 6 membres du personnel de la réserve se trouvaient sur place au moment des faits, on ne dénombra aucun blessé grave ni décès.

Il n’en fut pas de même pour la Vallée des Geysers qui fut meurtrie profondément…

Si sept geysers furent ensevelis :

  • le « Pierviéniets » (le premier né),
  • le « Troïnoï  » (le triple),
  • le « Sakharny » (le sucré),
  • le « Niédostoupny (l’inaccessible),
  • le « Sossiède » (le voisin),
  • le « Chilo » (le poinçon),
  • le « Malioutka » (le petit),

d’autres se retrouvèrent noyés tels le « Maly » (le petit) et le « Bolchoï » (le grand).

Le "Maly" avant de se retrouver sous 14 m de fond

Les geysers ne sont pas les seules victimes, l’ampleur du glissement de terrain et ses conséquences ont considérablement marqué la vallée.

La Vallée des Geysers fut fermée aux touristes, au grand dam de certains, comme le révèle un article, rédigé en français, du site internet de l’agence de presse russe RIA Novosti et daté du 08 juin 2007.

Une page internet revient sur les évènements,  détaille chaque étape du glissement de terrain et permet de prendre conscience de l’ampleur de la catastrophe naturelle.

Renaissance de la vallée

On a annoncé prématurément la mort de la Vallée des Geysers, il n’en est rien. Elle revêt juste un nouveau visage qui est loin d’avoir tout perdu de sa splendeur d’antan, comme peut en témoigner la vidéo ci-dessous datée de 2008 :

Très vite, la nature a montré sa force de régénération, comme déjà après le passage du typhon Elsa, le 4 avril 1981, qui avait vu monter les eaux de la rivière Guézernaïa.

Un article, rédigé en russe, du site internet de la BBC, daté du 7 juin 2007, titrait « La Vallée des Geysers au Kamtchatka a commencé à renaître » et poursuivait par :

« Sept geysers de l’unique Vallée au Kamtchatka, que l’on considérait complètement détruite après le glissement de terrain et l’inondation, ont de nouveaux jetés des fontaines dans le ciel. »

Des bénévoles lui ont également prêté main forte  et ont oeuvré à la « libération » du geyser « Bolchoï ». Le 12 septembre 2007, il les en remercia d’une première éruption. V. A. Droznin, chercheur à l’institut de sismologie et vulcanologie DVO RAN déclarait :

« Selon les données préliminaires, le mode actuel du « Bolchoï », après la diminution du niveau d’eau dans le lac, est similaire à celui qu’il avait avant l’accident. »

Le glissement de terrain ne l’a donc pas anéanti, mais a donné lieu à une mutation de la vallée :

  • le lit de la rivière Guézernaïa a changé,
  • le lac « Guézernaïa » , aux eaux turquoises et à la température constante, s’est formé,
  • le « Pierviénets », revenu à la vie, fonctionne maintenant comme une source chaude,
  • des sources chaudes agissent maintenant comme des geysers : la « Vanna » (la baignoire) et la « Novy Fontane » (nouvelle fontaine),
  • la Vallée des Geysers est même heureuse de vous annoncer la naissance d’un nouveau geyser : le « Mladiénets » (le bébé).

le "Mladiénets"

Excursion dans la Vallée Geysers

Les derniers paragraphes d’un article, rédigé en anglais, du site internet de l’agence de presse russe RIA Novosti, daté du jour de la réouverture de la vallée, le 01 juillet 2008, me semble être une très bonne introduction pour aborder le sujet des excursions dans la Vallée des Geysers :

« Depuis que le site a été ouvert au public en 1991, environ 3 000 visiteurs par an ont visité le lointain champ de geysers, l’un des cinq dans le monde où les éruptions spectaculaires de vapeur et d’eau bouillante peuvent être observées.

En dépit de son inaccessibilité relative, il y a toujours suffisamment de gens prêts à payer jusqu’à 600 $ pour une visite de 4 heures. »

En effet, en quelques mots, il évoque la rareté de la Vallée des geysers,  son inaccessibilité, l’intérêt qu’elle suscite et la somme qu’il faut débourser pour espérer y poser pied.

« Poser pied » car, si quelques téméraires tentent l’aventure par la terre, c’est par la voie des airs, à bord d’un hélicoptère, depuis l’aéroport Avachinsky (situé à 30 km de Pétropavlovk-Kamtchatksi, la capitale du Kamtchatka), que l’on gagne plus communément la Vallée des Geysers.

Les hélicoptères sont des MIG, en général des MIG-8 d’une capacité de 22 places.

MI-8 dans la Vallée des Geysers

Lorsque l’on parle de prix en Russie mieux vaut  parler en rouble (RUB), la monnaie qui a court dans ce pays, car le taux de change fluctue souvent. Les prix en euros ci-dessous sont donnés à titre indicatif par rapport au cours en vigueur le 14 janvier 2011.

La durée d’une excursion dans la Vallée des Geyser est en moyenne de 5-6 heures (temps de vol compris : 2h30 aller/retour) et le prix, lui, varie entre 22 000 et 23 000 RUB (entre 550 et 575 €). Ce montant, bien sûr, peut sembler exorbitant, mais il est dû en grande partie au coût élevé de l’heure de vol de l’hélicoptère lui-même : environ 98 000 RUB (environ 2 450 €). Il s’avère également être un bon moyen pour limiter l’afflux de touristes dans la vallée et assurer sa préservation. Le prix de l’excursion comprend les services d’un guide de la réserve ainsi qu’un repas.

L’excursion dans la vallée est souvent couplée avec une autre merveille de la réserve de biosphère de Kronotski : la Caldeira d’Ouzon (fera l’objet d’un projet article). Dans ce cas, il faut compter entre 24 000 et 25 000 RUB (environ 600 et 625 €).

Les hélicoptères peuvent emprunter deux routes pour se rendre dans la vallée et chacune permet d’avoir un point de vue sans pareil sur les volcans qui font la fierté de la péninsule et d’admirer leurs cratères.

Une fois dans la vallée, outre les différentes manifestations volcaniques et tout ce qui fait le charme sans pareil de la Vallée des Geyser, il peut être donné d’apercevoir l’animal emblématique du Kamtchatka : l’‘ours brun.

Ours brun dans la Vallée des Geysers

En principe, beaucoup de voyagistes incluent une journée libre au programme de leurs voyages pour permettre aux personnes intéressées de se rendre, en option, dans la Vallée des Geysers.

D’autres la font figurer directement dans un des leurs. Le Kamtchatka pouvant être soumis à de brusques changements climatiques, un « jour de réserve » est souvent prévu au cas où l’excursion est dûe être reportée.

Il est à noter que la Vallée des Geysers offrent des infrastructures pour des séjours plus long, comme emplacements de camping.

Même si le virtuel est loin de compenser le monde réel, le site internet valleyofgeysers.com offre les moyens de faire une « excursion » dans la vallée sans bouger de chez soi ou débourser une somme…

Mais, pour  beaucoup, le Kamtchatka, terre du bout du monde, est le voyage d’une vie, la réalisation d’un rêve vieux de nombreuses années et ce rêve ne serait pas parfait sans avoir contemplé de leurs yeux la Vallée des Geysers.

Crédits photos

Nous remercions les auteurs des photos et propriétaires des droits qui nous ont permis d’illustrer cet article. Vous pouvez consulter leurs pages internet en cliquant sur les liens correspondant aux photos.

Réserve B.N. de Kronotski Volcan-Actif
Igor Chpiliénok Igor Chpiliénok
Igor Chpiliénok Igor Chpiliénok
Igor Chpiliénok Igor Chpiliénok
Volcan-Actif Volcan-Actif
Volcan-Actif Igor Chpiliénok

20 commentaires

  1. Flandrin /

    bonsoir,

    je viens de voir un reportage sur les ours bruns au kamtchatka et dans la vallée des Geyser et je voulais savoir si vous pouviez me recommander une agence de voyage qui propose ce genre de trip nature.
    cordialement
    Anne-Laure

    • BaikalNature /

      Bonjour,
      Nous pouvons contribuer directement à la réalisation de votre rêve en vous proposant différents voyages…

Et si nous partagions un instant ?

Cet article a été créé dans le but de vous offrir le maximum de renseignements sur le Kamtchatka et satisfaire ainsi votre curiosité. Nous avons mis tout notre coeur à sa rédaction, en espérant qu’il retienne tout votre intérêt et vous donne envie de fouler cette terre du bout du monde exeptionnelle. Faites nous part de vos impressions, de vos avis, de vos questions, nous serons heureux de vous lire et d’échanger avec vous. Consacrez-nous un peu de temps, cet espace vous appartient !